« Tant que les révolutions ressemblent à cela »

L’historiographie a retenu que l’arrivée au pouvoir de Franco a sonné le glas de la création musicale espagnole. Celle-ci aurait repris progressivement grâce à une jeune génération de compositeurs, dont Cristóbal Halffter et Luis de Pablo. Leur style avant-gardiste constituant, à lui seul, un acte de résistance. Quant au dictateur, il n’aurait affiché qu’indifférence face aux nouvelles esthétiques.
S’appuyant sur des archives et des documents inédits, Igor Contreras Zubillaga dévoile une réalité plus complexe.
Il montre que le régime a non seulement accompagné la mise en place d’un réseau d’institutions musicales, mais qu’il s’est de plus attaché à gagner une légitimité internationale en se tournant vers l’avant-garde et a étroitement associé cette musique à son idéologie, à partir des années 1960.
De leur côté, les compositeurs ont oscillé entre revendication de leur hispanité et désir de reconnaissance internationale. D’autant qu’ils ont eu accès à la recherche expérimentale la plus avancée grâce au soutien du mécénat privé, lié au régime.
En reconstituant l’histoire à bien des égards tumultueuses de l’avant-garde musicale espagnole sous Franco, ce livre offre un nouvel éclairage sur l’histoire culturelle et politique de cette période.

Préface d’Esteban Buch
Parution 10 novembre 2020
Coll. Nuits blanches
Thématique : musique
372 pages
Index, bibliographie
21 x 14 cm avec rabats
25 euros
ISBN 978-2-491382-01-8

Igor Contreras Zubillaga est historien de la musique. Poursuivant
ses recherches à l’Université de Huddersfield en tant que British Academy Postdoctoral Fellow, il a codirigé les ouvrages suivants : Composing for the State: Music in Twentieth-Century Dictatorships (2016), À l’avant- garde ! Art et politique dans les années 1960 et 1970 (2013) et Le Son des rouages (2011). Le présent ouvrage est issu de sa thèse de doctorat, soutenue à l’Ehess.